Les déchets toxiques provenant du naufrage du « Gulser Ana », au large de Faux Cap, à l’extrême sud de Madagascar, ont eu des impacts graves sur la santé de la population locale, ainsi que sur les milieux marin et côtier de la région, selon une étude financée par le WWF.
Le « Gulser Ana », battant pavillon turc, a fait naufrage au large du village de Faux Cap, le 26 août dernier. Ce vraquier transportait 39.000 tonnes de phosphate brut, 568 tonnes de carburant, 66 tonnes de fuel et 8000 litres de lubrifiant. Peu après le naufrage, ces produits se sont déversés dans l’Océan Indien. Le naufrage s’est produit dans un couloir migratoire des baleines lors de leur période de reproduction.
Le rapport a été élaboré par une équipe pluridisciplinaire, composée de huit scientifiques, qui a effectué des études à Faux Cap, sur financement du WWF.
Dans une année normale, une à trois baleines s’échouent dans la région, une zone que ces cétacés fréquentent pendant la saison migratoire, Or, au cours du seul mois de septembre 2009, neuf baleines s’étaient échouées dans la région de Faux Cap. Par ailleurs, les plages ont été envahies par la marée noire. Les habitants souffrent de problèmes respiratoires, et de maladies cutanées et diarrhéiques.
« Le WWF est très préoccupé par les impacts négatifs possibles de cet accident sur la biodiversité marine et côtière, les menaces sur les écosystèmes et la perte de moyens de subsistance pour la population locale dont la plupart vivent de la pêche, a déclaré Olivier Harifidy Ralison, Coordinateur du programme Marin du WWF à Madagascar et dans l’Océan Indien Occidental, et c’est pour toutes ces raisons que le WWF a décidé de financer ces études », a-t-il dit.
De grosses plaques d’hydrocarbures ont couvert les plages sur 30 km à l’est de Faux Cap, mais aussi dans les zones situées à l’ouest de l’épave. Les personnes qui ont été embauchées pour le nettoyage des zones polluées n’ont pas été équipées de façon appropriée, en termes de vêtements de protection, et d’outils adéquats. Par ailleurs, les plaques de pétrole ramassées, et mises dans des sacs en plastique, jonchent sur les plages au risque de provoquer d’autres dégâts écologiques, souligne le rapport.
Plus de 20 000 personnes, sur les 40 000 que compte la région, ont été affectées par les conséquences du naufrage. L’étude a notamment mis en exergue les effets de l’interdiction de la pêche, pour une période de trois mois, sur la subsistance des familles. La pêche constitue en effet la seule source de revenu pour 25 à 40 pour cent d’entre elles. Les impacts sur les espèces marines sont également tragiques
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