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Coordination marée noire



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Marée noire . Des collectivités locales et la Ligue de protection des oiseaux demandent que soit reconnue l’atteinte au patrimoine naturel.

   Le procès de « l’Erika » ou le prix de la nature endeuillée

info Coordination marée noire
jeudi 5 novembre 2009
statut de l'article : public
citations de l'article provenant de : Libération


Par ELIANE PATRIARCA

« A quoi sert un eider à duvet ? » C’est Allain Bougrain Dubourg, le président de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO), qui a osé la question mardi, au procès en appel de l’Erika. L’eider à duvet, c’est ce canard marin qui, depuis la marée noire provoquée par le naufrage du pétrolier, en 1999, a disparu du golfe de Gascogne. « A quoi sert la Joconde ? Comme on est fier de son patrimoine culturel, on peut être fier de son patrimoine naturel, a-t-il argumenté. La biodiversité, c’est notre assurance-vie, la France est riche d’un tissu vivant exceptionnel mais la différence avec le patrimoine culturel c’est qu’on ne connaît pas le prix de la nature. »

Mazoutés. En première instance, la LPO avait obtenu, au-delà de l’indemnisation de ses préjudices matériel et moral, celle du « préjudice résultant d’une atteinte à l’environnement ». Une notion neuve en droit français. Le juge avait reconnu le rôle de gardien de l’environnement de la LPO qui, depuis quatre-vingt-dix-huit ans, protège les oiseaux. La LPO a collecté 74 000 oiseaux mazoutés dont 32 000 vivants ; 20 000 ont été soignés, mais seuls 2 100 ont été relâchés. Au moins 150 000 auraient succombé.

Cité comme témoin par la LPO, Jacques Trouvilliez, directeur du service du patrimoine naturel au Muséum national d’histoire naturelle, a expliqué qu’il était difficile d’évaluer l’atteinte à la biodiversité en « l’absence d’un état initial, avant catastrophe ». En revanche, pour les oiseaux, il a pu s’appuyer sur les comptages faits dans le golfe de Gascogne par des chercheurs du CNRS de Bordeaux. « Avant l999, 500 000 oiseaux marins fréquentaient le golfe, un site majeur d’hivernage. 15%, en fourchette basse, auraient succombé à la marée noire. » « En outre, a-t-il ajouté, sur la Liste rouge des espèces menacées en France, actualisée en 2008 par l’Union internationale de conservation de la nature, trois sur les onze espèces d’oiseaux sont des victimes de l’Erika : l’eider à duvet, le macareux moine et le pingouin commun. » L’oiseau est « un indicateur de l’état de santé du milieu » et les changements, de répartition et de diminution d’espèces, témoignent d’une profonde atteinte de la niche écologique.

Puis, ce sont les collectivités qui ont témoigné pour faire valoir leur droit à une réparation du préjudice environnemental. En première instance, seul le Morbihan l’avait obtenu : il avait su démontrer qu’il intervenait comme gestionnaire d’espaces naturels sensibles. Cette fois, les régions Bretagne, Poitou-Charentes et Pays de la Loire demandent chacune 30 millions d’euros à ce titre, et le Finistère 10. Toutes soulignent les « euros investis dans la protection de l’environnement ».

Réparation.« Le mazoutage des côtes, ce n’est pas juste des années de tourisme perdu, ou des kilomètres de littoral à réhabiliter, a noté Jean-Yves Le Drian, président de Bretagne. C’est d’abord une atteinte à notre intégrité, à notre patrimoine collectif. » Or, selon lui, les collectivités sont « garantes du patrimoine écologique » La preuve ? « Les contrats de plan et les contrats nature, conclus dans le cadre d’un partenariat avec l’Etat. » Pour Jacques Auxiette, président des Pays de la Loire, le conseil régional « gère et finance des réserves ou des parcs naturels, tel celui de la Brière, souillé par le mazout de l’Erika ».

Motivation supplémentaire pour ces collectivités : l’Etat n’a pas jugé utile de demander réparation du préjudice écologique provoqué par le pétrolier affrété par Total SA.




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