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Coordination marée noire



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   Crime écologique en Equateur

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vendredi 20 novembre 2009
statut de l'article : public
citations de l'article provenant de : Le Temps .ch


La forêt qui cerne Lago Agrio, en Equateur, n’est plus qu’un cloaque et nombre de ses habitants souffrent de malformations. Le préjudice a été estimé à 27 milliards de dollars

Lorsque Toribio, Indien Cofan, quitte sa forêt pour manifester dans les rues de Lago Agrio, vêtu d’une tunique en coton et la tête parée d’un toupet de plumes, il ne peut s’empêcher de rêver à ce qu’était la capitale pétrolière de l’Amazonie équatorienne, il y a encore quarante ans. « Pas un immeuble, pas une route, se rappelle-t-il en désignant la frénésie urbaine qui nous entoure. C’était notre territoire de chasse jusqu’à l’arrivée des Américains de Texaco, en 1964. Ils ont exploité le pétrole pendant vingt ans et ils sont partis sans rien nettoyer. Aujourd’hui, nos rivières sont polluées, nos enfants malades… Texaco doit payer. »

Autour de Toribio, ils sont plusieurs centaines d’Indiens mais aussi de colons à conspuer la major américaine, absorbée entre-temps par Chevron. Sur les trottoirs, les habitants de Lago Agrio, qui vivent des richesses de leur sous-sol, regardent passer le cortège avec indifférence. En 1992, quand les Américains ont vendu leurs parts à la compagnie nationale Petroecuador, les torchères ont continué de brûler. Et depuis 1993, date à laquelle les premières poursuites ont été engagées contre Chevron-Texaco, devant un tribunal de New York, les manifestations se sont succédé, sans que l’or noir cesse de couler.

Mais, depuis que le préjudice écologique a été estimé à 27 milliards de dollars, il y a quelques mois, la deuxième compagnie pétrolière américaine a appris à se méfier de ces « gueux » de l’Amazonie. « C’est le plus grand procès environnemental de l’histoire, assure Pablo Fajardo, avocat des plaignants. Toutes les preuves ont été réunies et la culpabilité de Chevron-Texaco est évidente… Ils ont délibérément utilisé une technologie obsolète pour économiser de l’argent. Nous n’attendons plus que la décision du juge. »

Aujourd’hui, sur une surface de 4400 kilomètres carrés, la forêt qui cerne Lago Agrio est un cloaque : un millier de piscines, où furent déversés les résidus de forage, auraient été abandonnées par Texaco ; plus de 1 million de mètres cubes de brut ont été déversés dans les rivières avec les eaux toxiques « de formation », qui n’ont pas été réinjectées dans le sol. Un constat qu’il est difficile de nier lorsque l’on patauge dans les marécages nauséabonds et irisés d’huiles qui entourent la ville, mais sur lequel tout le monde se déchire lorsqu’il s’agit d’établir un début de responsabilité.

« Les Américains ont été les opérateurs du champ de pétrole jusqu’en 1992, même si la compagnie nationale équatorienne était partenaire, affirme Pablo Fajardo. C’est donc Chevron-Texaco qui est responsable. » « Cette pollution, ce n’est pas la nôtre », rétorque John Watson, tout nouveau président de Chevron, pour qui cette affaire est close depuis 1998, date à laquelle Texaco a reçu un blanc-seing du gouvernement équatorien après avoir effectué un « nettoyage » de ses piscines évalué à 40 millions de dollars.

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