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Coordination marée noire



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Steve Mathies, directeur de l’Office de protection des côtes de Louisiane

   "Le problème des marais de Louisiane, ce n’est pas le pétrole, c’est l’érosion du littoral"

info Coordination marée noire
vendredi 24 septembre 2010
statut de l'article : public
citations de l'article provenant de : Le Monde


C’est l’une des côtes les plus menacées du monde : cinq ans après les ravages infligés par l’ouragan Katrina, le 29 août 2005, la Louisiane vient de subir la pire marée noire de l’histoire des Etats-Unis, achevée dimanche 19 septembre par le scellement définitif, par BP, de son puits accidenté. "On ne pourra pas totalement protéger La Nouvelle-Orléans ni préserver tout le littoral", estime Steve Mathies, qui dirige l’Office de protection et de restauration des côtes de l’Etat de Louisiane. Pour ce biologiste, qui était invité, du 22 au 24 septembre, au Salon Prévirisq, à Paris, la vraie menace reste l’érosion de la côte. "C’est cela, notre prochaine crise", annonce-t-il.

Cinq ans après Katrina, La Nouvelle-Orléans est-elle mieux armée contre les cyclones ?

La ville est mieux protégée qu’elle ne l’a jamais été. Mais je ne pense pas que ce sera suffisant en cas d’ouragan majeur. La Nouvelle-Orléans peut être à nouveau dévastée. Nous n’avons pas fondé les défenses sur le pire scénario possible car le coût aurait été trop élevé.

Nous avons investi 14 milliards de dollars (10,5 milliards d’euros) depuis cinq ans pour renforcer notre système de défense. Sur ce total, la Louisiane va devoir rembourser à l’Etat fédéral 1,6 milliard de dollars. La plupart de nos concitoyens n’ont pas encore pris conscience que ce sont leurs impôts qui vont financer cette somme, ainsi que les 30 à 50 millions de dollars annuels de fonctionnement et d’entretien. Peut-être, si on avait pris la peine d’expliquer aux gens le prix à payer, certains auraient-ils fait le choix de ne plus habiter ces zones à risque. D’un autre côté, Katrina a occasionné 200 milliards de dollars de dommages. Ça aurait valu la peine de consacrer plus de moyens à notre protection...

Qu’est-ce qui a fait défaut en 2005 ?

Depuis toujours, les décisions politiques ont privilégié les options les moins coûteuses. Or il y a eu une défaillance générale de l’ensemble du système de protection - digues, canaux de drainage, pompes... -, qui n’est pas encore résolue. Nous travaillons avec des ingénieurs néerlandais sur ces questions. Les Néerlandais ont une culture du risque, ils ont appris à vivre avec cet aléa, à le gérer. Ce n’est pas notre cas.

Après l’ouragan Betsy, en 1965, nous avions conçu un bon plan, mais la volonté politique n’a pas suivi et le système de protection n’a jamais été terminé. L’Etat fédéral n’a pas débloqué tous les fonds. Cela dit, c’est aussi notre faute : les citoyens de Louisiane ne sont pas allés manifester à Washington pour réclamer cet argent.

Du coup, on entreprend aujourd’hui des aménagements recommandés depuis quarante ans...

Après la récente marée noire, pensez-vous que l’exploitation pétrolière offshore menace le littoral de Louisiane ?

On sait que la marée noire de BP aura des conséquences à long terme, dans des zones humides déjà très fragiles. Mais l’industrie pétrolière n’avait encore jamais provoqué de catastrophe sur nos côtes. Il y a eu une série de négligences de la part de BP. Un mauvais joueur ne doit pas faire arrêter la filière. 23 000 emplois en Louisiane sont liés à l’exploitation du pétrole et du gaz. Et je ne crois pas que ce soit l’intérêt des Etats-Unis de stopper la production et de dépendre davantage de pays étrangers.

Le vrai problème du littoral de Louisiane ce n’est pas le pétrole, c’est l’érosion : nous avons perdu 500 000 hectares de marais, de bayous, de prairies humides depuis les années 1930. Chaque année, plus de 3 000 hectares supplémentaires disparaissent. C’est cela, notre prochaine crise.

Quelles peuvent en être les conséquences ?

Ce n’est pas seulement mauvais pour les zones humides et leurs écosystèmes. Ces terres protègent La Nouvelle-Orléans bien plus sûrement que les digues, en absorbant une grande partie de la puissance des ouragans. Et c’est toute notre économie qui dépend de cette côte

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