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Coordination marée noire



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Le projet de Scop, présenté vendredi, a très peu de chances d’aboutir. Le duo Louis Dreyfus Armateurs-DFDS pourrait reprendre la compagnie, après liquidation.

   SeaFrance, place aux armateurs

info Coordination marée noire
samedi 7 janvier 2012
statut de l'article : public
citations de l'article provenant de : Libération


La CFDT de SeaFrance a sans doute joué son ultime coup de poker. La branche locale du syndicat, majoritaire sur les navires de la compagnie calaisienne, a finalement remis vendredi soir une offre de reprise en Scop (coopérative ouvrière) « complétée » au tribunal de commerce de Paris. Mais son projet semble désormais totalement hors-jeu. Car c’est moins l’absence de financement du projet - dont les besoins sont évalués à 50 millions d’euros - qui pose désormais problème, que l’image de la CFDT locale. Désavoué par sa confédération, le syndicat est complètement discrédité par les pratiques douteuses de ses dirigeants, qui intéressent le fisc et la justice

« Dialogue ».
La solution CFDT quasiment « out », les salariés non encartés font désormais entendre leur voix pour remettre en selle la solution présentée par Louis Dreyfus Armateurs (LDA) et le danois DFDS,mais torpillée jusqu’ici par le syndicat maison :« Nous souhaiterions pouvoir renouer le dialogue avec eux,a lancé Caroline Hayart, porte-parole d’un collectif qui s’est réuni vendredi à Calais. S’il y a un jour où il faut agir, c’est aujourd’hui ! » Les voix sont frêles : Caroline Hayart, Laurence Le Gonidec et Françoise Monfregola n’ont pas l’habitude. Mais elles sont déterminées. En face des trois femmes, ils étaient une centaine, navigants et sédentaires, ce vendredi à la salle des fêtes du Minck, à deux pas du port, où les ferries SeaFrance sont à quai depuis le 15 novembre.

A Paris, les pouvoirs publics soutiennent activement l’idée : « Louis Dreyfus, c’est un vrai armateur, pas un financier qui va reprendre les bateaux pour les revendre. C’est le seul repreneur sérieux. Le but du gouvernement, c’est que l’on garde un maximum d’emplois, qu’il y ait le moins de chômeurs possibles », confie à Libération une source gouvernementale proche du dossier.

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Du côté de LDA, on est dans les starting-blocks. L’armateur français, qui opère la compagnie LD Lines sur les lignes Dieppe-New Haven et Le Havre-Portsmouth, avait déjà déposé une offre de reprise le 26 juillet, en association avec la compagnie danoise DFDS. Le tandem était prêt à reprendre 460 salariés. Insuffisant pour le tribunal de commerce. Par la suite, le tandem avait renoncé à déposer une nouvelle offre, révisée à 600 emplois, le 12 décembre, faute d’avoir pu « rencontrer le syndicat majoritaire de SeaFrance », qui aura tout fait pour torpiller la solution LDA-DFDS et pousser son propre projet de coopérative ouvrière.

La CFDT écartée, Louis Dreyfus peut désormais apparaître en sauveur français, même si en réalité c’est le danois DFDS Seaways qui sera ultramajoritaire dans le projet. La joint-venture sera détenue à 82% par DFDS et à 18% par LDA. Et pour cause. Présent dans les principaux ports du Nord de l’Europe, DFDS (1,3 milliard d’euros de chiffre d’affaires en 2010), qui opère la ligne Dunkerque-Douvres, est bien plus gros que LDA sur le trafic transmanche passagers. L’intérêt de Louis Dreyfus dans cette affaire est d’adosser sa filiale déficitaire LD Lines à un gros opérateur sur un marché ultraconcurrentiel dominé par le britannique P&O.

« Patron ».
Selon nos informations, le tandem LDA-DFDS serait prêt à reprendre cette fois 540 salariés, à maintenir le pavillon français, bien que l’actionnaire majoritaire soit danois, et le statut social des marins et sédentaires. Mais il n’offrirait que 5 millions d’euros pour les trois ferries de la compagnie dont la valeur est estimée… à 150 millions d’euros. Belle affaire ! D’autant plus que la liquidation effacerait le boulet de la dette de SeaFrance (230 millions d’euros).

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Fort du soutien de Nicolas Sarkozy, qui cherche une issue à cet énième front social, LDA et DFDS semblent donc bien partis pour se retrouver à la barre de SeaFrance. Sauf surprise de dernière minute, car une dizaine de repreneurs potentiels regardent le dossier et une partie d’entre eux devrait se manifester lundi. Le bal des requins ne fait peut-être que commencer.

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