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    Kénya : Les perdants du développement du port de Lamu

info Coordination marée noire
mercredi 9 mai 2012
statut de l'article : public
citations de l'article provenant de : Radio Netherlands Worldwide


Un site classé patrimoine mondial et de villégiature idyllique au large des côtes kényanes va se transformer bientôt en port international.

L’archipel de Lamu se targue d’abriter le plus ancien établissement humain swahilii, situé le long de la côte de l’Afrique orientale. Le temps semble s’être arrêté sur ces ÃŽles aux multiples histoires et où les touristes se délectent du soleil des plages le long de l’océan Indien. Radio Nederland Wereldomroep consacre deux articles à ce projet : après avoir donné la parole aux gagnants, elle offre maintenant aux perdants l’occasion de faire part de leurs griefs.

Sauvons Lamu

En dépit de tous ces atouts, nombreux sont ceux parmi la population locale qui ne se réjouissent pas de l’arrivée du port. Ils se sont organisés en un groupe « Sauvons Lamu ». Ils ont présenté une pétition auprès des tribunaux réclamant le renvoi du début des travaux de construction. L’un des signataires de cette pétition est Mohamed Ali Badi, enseignant à la retraite. Il apprécie les visites au Fort Lamu, lieu riche en d’histoire.

Quoiqu’il soit favorable au développement, Ali Badi trouve que l’approche du gouvernement par rapport à ce projet n’est pas des meilleures. Selon la pétition, le gouvernement est accusé d’avoir manqué à son devoir d’information envers les habitants des ÃŽles au sujet des projets, et d’avoir encore moins écouté leurs opinions, appréhensions et suggestions. Les pétitionnaires requièrent également une étude des conséquences de la présence du port sur l’environnement.

"Ici, le port menace principalement les minorités marginalisées", affirme Ali Badi tout en se promenant auprès des vieilles photos accrochées au mur du fort et décrivant la vie de l’archipel il y a de cela un siècle, voire plus. Il existe un bon équilibre entre populations locales et immigrantes. Le port, ajouté à une ville toute nouvelle habitée par environ un demi-million d’habitants, entraînera l’arrivée de plus d’immigrants et occultera complètement les premiers habitants.

Les populations riveraines kényanes tout d’abord, les Kényans après Badi relève que plusieurs Kikuyus, la plus grande tribu du Kenya originaire de la Province centrale, a trouvé un lieu où vivre sur l’archipel depuis les années 1970. "Nous avons fait preuve d’hospitalité, cependant lorsque nous, peuples de la côte, désirons nous établir dans la Province centrale, il nous est impossible de le faire. Nous subissons de la discrimination", dit-il, à l’instar de plusieurs habitants de l’île. "Nous sommes tout d’abord un peuple de la côte, ensuite kényans".

Les peuples originels de la côte sont appelés Swahilis. Les Swahilis constituent une tribu locale qui s’est mélangée avec les commerçants arabes et perses arrivés pour la première fois aux VII et VIII siècles. Lamu est l’établissement le plus ancien situé le long de la côte d’Afrique de l’Est.

"La plupart des anciens n’ont pas de titres fonciers. Le gouvernement est en mesure de nous expulser de nos terres et de nos maisons, qui protègent nos familles, et ce depuis longtemps avant la création de l’État kényan. Une promesse faite par le président de nous accorder tous les titres reste encore insatisfaisante. Nous avons besoin de l’avoir officiellement", affirme Ali Badi.

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