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Coordination marée noire



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   AMAP poissons : de l’île d’Yeu à Nantes

Alain Le Sann
mercredi 4 décembre 2013
statut de l'article : public
citations de l'article provenant de : Slow Fish


Une initiative des pêcheurs

L’initiative est venue du maire de l’île, Bruno Noury, qui est aussi en charge de l’organisation des producteurs de l’île. Les pêcheurs de l’île d’Yeu sont inquiets de l’effondrement du nombre de bateaux et des menaces pour la survie de leur criée. La pêche est essentielle pour assurer l »emploi à l’année. L’interdiction des filets maillants dérivants a eu un fort impact sur l’activité traditionnelle de pêche au thon et, en 2010, l’interdiction de la pêche au requin taupe a touché 5 bateaux hauturiers. Le prix d’achat du poisson ne cesse de baisser à la criée et sa survie est menacée si l’hémorragie continue. Bruno Noury a donc pris contact avec les fondateurs de la première AMAP en France, dans le Var, et avec les AMAP de Loire- Atlantique.

Une longue préparation

La distribution de poisson par des AMAP pose des problèmes particuliers plus complexes que celle de produits agricoles. Il faut respecter la chaîne du froid, la production est impossible à planifier, la participation des pêcheurs à la distribution est difficile à organiser, les consommateurs connaissent très mal les conditions concrètes de l’activité de pêche, ses contraintes et ses aléas. Il faut donc une longue préparation pour surmonter tous ces problèmes. Les réunions et les groupes de travail entre pêcheurs et Amapiens ont permis d’aboutir à la rédaction d’une charte et à la mise au point d’un système de distribution, expérimenté en mai 2010.

Une gestion complexe et rigoureuse

Quatre bateaux sont concernés par cette initiative. Le poisson passe sous criée et il est acheté par la coopérative de mareyage qui assure ensuite la préparation des poissons et leur mise en caisse sous glace. Les caisses sont mises en conteneur et déposées dans un camion frigorifique au port de Fromentine. Ce camion est conduit par un pêcheur ou un ancien pêcheur. Ce sont donc les pêcheurs qui assurent la livraison d’un bout à l’autre de la chaîne, jusqu’aux divers lieux de livraison choisis par les AMAP. La première livraison-test a représenté environ 80 colis de 3 kilos à 10 € le Kilo, déposés dans 3 lieux et livrés au cul du camion, pour des raisons sanitaires. Sur les 10 € , 8 € reviennent aux pêcheurs et 2 € au mareyage et à la logistique. L’expérience s’est révélée très positive, mais souligne également quelques difficultés : difficulté au départ pour louer un camion frigo, faible disponibilité des pêcheurs pour participer aux distribution car ils perdent 2 jours de mer, conditionnement non recyclable.

Un développement rapide

Sur la base de cette expérience et avec les ajustements nécessaires au moment du renouvellement des contrats, le circuit des AMAP se développe autour de 4 bateaux, trois côtiers et un hauturier. Les pêcheurs concernés s’organisent en GIE (Groupement d’intérêt économique) et les points de distribution sont définis : 7 en 2011 et 14 en fin 2013. Chaque contrat, de septembre ou octobre à juin, représente 9 ou 10 livraisons, soit une par mois au prix de 30 €, puis 33 € pour tenir compte de l’augmentation des prix du carburant et autres charges. Les pêcheurs ont acheté un camion frigo qui réalise une livraison hebdomadaire assurée par un ancien pêcheur et parfois l’un des pêcheurs engagé. La différence entre le prix de vente en criée et le prix de vente à l’AMAP, une fois les frais déduits, est directement reversée aux pêcheurs et ne rentre pas dans la part armement, ce qui est une innovation.

Des bénéfices pour les pêcheurs

Pour les pêcheurs, le circuit des AMAP se révèle avantageux.

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