Accueil du site
Coordination marée noire



envoyer l'article par mail envoyer par mail  [où ?]   [imprimer cet article]    Article précédent   

« L’opération de secours au navire roulier Modern Express, cet hiver, a remis sur la sellette quelques débats sur l’action de l’État en mer : moyens de remorquage dans le golfe de Gascogne, notion de zone refuge…

   Tribune. « Modern Express » : un premier retour d’expérience

info Coordination marée noire
lundi 14 mars 2016
statut de l'article : archive payante
citations de l'article provenant de : Le Marin


Le navire roulier Modern Express est désormais à l’abri dans le port de Bilbao, après avoir tenu en haleine pendant quelques jours les médias et l’opinion publique française. Cet événement de mer majeur s’est achevé dans de bonnes conditions après que le pire a été craint… Au-delà des prouesses des sauveteurs, de l’efficacité de l’organisation mise en place et d’un peu de chance (avec notamment l’amélioration au dernier moment des conditions météorologiques), c’est sans doute le moment d’examiner ce qui a bien fonctionné, ce qui peut être amélioré et ce à quoi nous devons nous préparer pour l’avenir.

« Des secours réactifs »

Cet événement de mer est d’abord un succès pour le secours aux personnes. Il ne faut évidemment pas oublier que tout a commencé le 26 janvier par l’évacuation des 22 membres de l’équipage dans des conditions d’intervention périlleuses. Cette opération a été coordonnée par le centre de secours de Falmouth, le Modern Express se trouvant dans un premier temps en secteur britannique, et a été réalisée par deux hélicoptères EC 225 de la Sasemar appartenant à la base espagnole de La Corogne. Le treuillage de tout l’équipage dans la tempête a été un modèle du genre ainsi qu’un bel exemple de coopération internationale entre le Royaume-Uni, l’Espagne et la France.

...

L’étude de risques pour le golfe de Gascogne a fait ressortir de son côté que si les accidents de mer sont récurrents à proximité des ports de Nantes, de La Rochelle et de Bayonne, c’est en réalité la route maritime qui relie le dispositif de séparation du trafic (DST) du cap Finisterre (province espagnole de la Galice) à celui d’Ouessant qui constitue la zone majeure de risques. Non pas en nombre d’accidents (une fois tous les cinq ans en moyenne) mais surtout en raison de leur gravité potentielle et de leur conséquence éventuelle pour les équipages et l’environnement. En 2011, l’évolution du trafic entre les deux DST mettait déjà en évidence l’augmentation des tailles et des déplacements des navires ainsi qu’une menace croissante avec le développement du trafic de navires de croisières, dont certains de très grande taille.

...

Ces craintes se sont d’ailleurs avérées justifiées car lors de la première tentative de prise de remorque, le chef de l’équipe d’intervention de Smit Salvage a été sérieusement blessé et toute l’équipe a dû être extraite en urgence.

Ce problème de l’accès à la plage de manœuvre est une vraie anomalie et constitue un des principaux retours d’expérience. Est-il normal de concevoir un navire de ce type sans envisager un accès facilité pour une équipe d’intervention extérieure ? Il va falloir sans doute que la France se préoccupe aussi de cette situation devant l’Organisation maritime internationale, comme elle le fait actuellement pour prévoir la mise en place d’un dispositif de remorquage d’urgence pour les grands porte-conteneurs dans le cadre du programme de travail du Comité de la sécurité maritime (MSC).

...

Le sujet de la zone refuge est plus que jamais un sujet d’actualité. En effet, avec le gigantisme croissant des navires de commerce et de croisière, la doctrine de gestion de crise en mer change. Sur un très grand navire, nous savons que la lutte contre le sinistre en mer peut s’avérer très compliquée et parfois impossible. C’est pourquoi la seule issue reposera sur l’envoi d’équipes de secours depuis la terre pour renforcer l’équipage d’un navire confronté à un sinistre.

En effet, l’objectif sera de limiter le plus possible l’évolution du sinistre pour gagner du temps et être en mesure de ramener le plus vite possible le navire à la côte. Pour cela on a besoin d’une part de renforcer les capacités d’action de l’État en mer et d’autre part de disposer de zones refuges en nombre suffisant.

...




 


Locations of visitors to this page