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Coordination marée noire




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Communiqué de la LPO

   Pollution par hydrocarbures dans l’Estuaire de la Loire : des milliers d’oiseaux mazoutés

JCH mercredi 11 janvier 2006



Pollution par hydrocarbures dans l’Estuaire de la Loire :
des milliers d’oiseaux mazoutés

Rappel de la catastrophe :

Dans la nuit du Mercredi 4 au Jeudi 5 Janvier dernier, une collision s’est produite entre deux butaniers au terminal pétrolier de Donges. Une brèche dans l’un d’eux a laissé échapper 30 tonnes de fuel lourd. Malgré les barrages flottants disposés pour endiguer la pollution, cette dernière, d’abord considérée comme relativement limitée par les autorités, a fait d’énormes dégâts sur l’avifaune de l’estuaire de la Loire, notamment sur les vasières de la rive gauche, entre Corsept et Paimboeuf, une zone cruciale où les oiseaux viennent s’alimenter à marée basse.

Les premières estimations :

Au vu des observations et comptages du week-end, la LPO Loire-Atlantique estime que près de la moitié des 32 000 oiseaux hivernant actuellement dans la réserve maritime de l’Estuaire de la Loire a été souillée par les hydrocarbures. Des oies cendrées dont le plumage est devenu marron orangé, des avocettes virant du blanc au noir,... Le tableau est sombre.

Les espèces les plus touchées :

Les Avocettes paient un lourd tribut à ce qu’il faut bien appeler une catastrophe écologique, mais également les Oies, Bécasseaux variables, les anatidés, les Huitriers-pie, les Grands gravelots, les laridés...

Contrairement à la marée noire de l’Erika qui avait rapidement englué de nombreux oiseaux, cette nappe de fuel n’empêche pour le moment pas les oiseaux de pouvoir s’alimenter et se déplacer.

Des sites inaccessibles :

Les vasières n’étant pas accessibles, les oiseaux ne pouvant pas être approchés, ils risquent d’être morts lorsqu’ils seront récupérés. Ce sont ainsi 15 000 oiseaux qui sont menacés de mort à plus ou moins brève échéance.

Pour les oiseaux, commence une lente mais certaine agonie : Nombreux sont les oiseaux qui tentent de nettoyer leur plumage avec leur bec : ils risquent donc de s’intoxiquer avec les particules d’hydrocarbures ingérées, et de mourir lentement. De plus, la perte progressive de l’étanchéité du plumage (donc de l’isolation thermique) risque fort de les faire succomber à des pathologies pulmonaires.

Des oiseaux mazoutés au-delà de l’estuaire :

En Loire-Atlantique, des oiseaux mazoutés ont été observés sur le Canal de la Martinière, les Vasières de Corsept-Paimboeuf, la Vasière de Méan, les plages de Saint-Nazaire, la Baie de La Baule et les Marais salants de Guérande (20 Avocettes mazoutées ce jour (11/01/06) dans les Traicts du Croisic (sur un groupe d’environ 600 individus).

Mais les dommages de cette pollution se font également ressentir en dehors de l’Estuaire,
- 17 Avocettes ont été observées entièrement mazoutées sur la Réserve Naturelle des Marais de Müllembourg (île de Noirmoutier, Vendée, une quarantaine de km au sud de l’estuaire) le 09/01,
- 5 Avocettes mazoutées sur la Lagune de Bouin et la Baie de Bourgneuf, le 10/01, ainsi qu’une Mouette rieuse à Tiercé (Anjou) Deux hypothèses : soit il s’agit là d’oiseaux souillés en estuaire Loire et redescendus ensuite sur Noirmoutier (les échanges entre ces deux sites existent et sont tout à fait réguliers) ou bien une nappe a peut-être dérivé et se trouve quelque part (en Baie de Bourgneuf ?), échouée sur les vasières qui abritent aussi plusieurs dizaines de milliers de limicoles et anatidés en ce moment. Les premières observations de nos collègues de la LPO Marais Breton confirment la première hypothèse, aucune trace de pollution n’étant actuellement visible en Baie de Bourgneuf.

- 5 Avocettes mazoutés (dans un groupe de quelques dizaines), sur le Loirs de Champclou à Olonne-sur-mer, le 11/01.

Remarque : Il est demandé aux observateurs de porter une attention particulière à la lecture des bagues que pourraient éventuellement porter les oiseaux mazoutés, et de tout faire pour les lire le cas échéant : ceci permettant d’obtenir de précieuses informations sur les taux de survie des oiseaux.

Les communiqués :

Après les déclarations rassurantes des autorités, la LPO Loire-Atlantique fut la première à alerter l’opinion publique sur l’étendue réelle des dégâts. Une conférence de presse a ainsi été organisée sur site dès le Dimanche 8 janvier, puis une seconde le lundi 9 janvier et une plus récente, le mardi 10 janvier.

La véritable teneur de cette catastrophe a ainsi largement été reprise sur les antennes des télévisions locales et régionales, sur les ondes des radios locales et dans les colonnes des quotidiens régionaux.

Par le biais d’un Communiqué de Presse commun en date du 15/01, les associations Bretagne Vivante-SEPNB et LPO Loire-Atlantique, ont rappelé que la pollution avait touché « ...une zone d’importance internationale pour l’hivernage des oiseaux d’eaux » et que « ...les prospections faites par les observateurs bénévoles des associations et les agents de l’ONCFS n’incitent pas à partager l’optimisme officiel : c’est plus de la moitié des oiseaux hivernants dans l’estuaire (avocettes, bécasseaux, oies, canards, mouettes, goélands,...) qui sont affectés par la pollution et risquent d’aller mourir dans des sites inaccessibles ».

Devant cette situation la LPO Loire-Atlantique et Bretagne Vivante-SEPNB « ...déplorent que la prise en compte du vivant ait été absente des préoccupations de la cellule de crise ». et « ...demandent à ce qu’un suivi des effets de la pollution sur les organismes vivants, dont les oiseaux, soit organisé et maintenu tout le temps nécessaire à la bonne connaissance de ceux-ci ». De plus, les associations demandent à ce que des mesures soient « ...prises pour suspendre la chasse dans les milieux connexes afin d’éviter d’accroître la concentration des oiseaux dans la zone polluée ».

Enfin, Bretagne Vivante-SEPNB et la LPO Loire-Atlantique « ...soulignent que nous restons toujours à la merci de pollutions graves, même avec de petites quantités de polluants, et que nous avons besoin de maintenir en permanence des moyens d’intervention notamment en matière de soins aux oiseaux ».

Renseignements et Informations

LPO Loire-Atlantique, Tel : 02 51 82 02 97
Mel : loire-atlantique@lpo.fr ;
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