Accueil du site
Coordination marée noire




envoyer l'article par mail envoyer par mail  [où ?]   [imprimer cet article]    Article précédent    Article suivant

   Le temps des victimes

Marinette COLIN lundi 21 mai 2007


article précédent . le mot de nos avocats . article suivant
article précédent - le mot de nos avocats - article suivant



C’est par cette expression que commence la plaidoirie de Me Varaut qui intervient en particulier pour le département de la Vendée, lundi 21 mai après-midi.
Durant ces jours de plaidoiries des avocats de parties civiles, nous allons assister à la fois à une synthèse des faits exposés depuis plus de trois mois mais aussi, à des constructions d’argumentaires serrés pour convaincre le tribunal des infractions commises par les prévenus. Ceci complété par des tableaux précis de tous les dommages subis.
Les dommages subis, chacun d’entre nous en a une approche (financière, psychologique, morale). A ce point du procès, je voudrais mettre en avant les arguments (dûment justifiés juridiquement) que les avocats ont mis en avant pour entrainer une condamnation des prévenus.
Je vais essayer de dégager les idées forces que j’ai perçues chez Me Varaut et Me Delplanque le 21 mai.

Me Varaut ouvre cet épisode du procès vers 14 H 30. Il prononce d’emblée un mot qui semblait tabou jusque là, la complaisance !
Le cadre juridique international, censé définir des règles pour défendre l’intérët général c’est l’Organisation Maritime Intarnationae - organe de l’ONU. Et que nous rappelle Me Varaut ? "87,5% des crédits de fonctionnement de l’OMI sont fournis par les Etats de complaisance !"
Par ailleurs, le fonctionnement des sociétés de classification qui attribuent les certificats nécessaires à l’utilisation d’un navire participe d’une "privatisation du droit" (elles sont clientes des armateurs...)

Retour vers les probables coupables

Me Varaut reprécise ensuite que le dernier voyage de l’Erika est à resituer dans un cadre de fonctionnement économique qui "suit les règles du marché". En 1999, les taux de frêt sont bas et les propriétaires de bateaux sont poussés à faire "des économies indispensables pour rentabiliser" et ils font "des efforts sans fin pour continuer à faire naviguer les vieux bateaux..."
Tout est dit. Dans ce monde de "privatisation du droit", ce ne sera pas le droit qui s’impose, mais les intérêts privés qui contournent le droit.
Après, tout s’enchaîne logiquement. C’est la multiplication des infractions dûes à l’imprudence ou à la négligence. Chacun profite des "négligences" du précédent en essayant de décharger sa responsabilité.
Mauvais entretien, réparation à l’économie, l’armateur (M Savarese) et le gestionnaire technique (M Pollara) sont les premiers en ligne de mire.
Me Delplanque insiste ensuite sur la corrosion du bateau, conséquence de cette conduite. Corrosion que tous les prévenus ont voulu minimiser ou ignorer...
La société RINA qui a été la dernière à contrôler le bateau (19 jours avant le naufrage) a donné à l’Erika les certificats qui ont permis qu’il soit chargé. Elle a donc couvert des pratiques de risque.
Et Total ? Avec sa constellation de filiales (en particulier dans les paradis fiscaux) elle a utilisé ce bateau avec ses déclarations officielles sur la priorité à accorder au respect de l’environnement. En choisissant ce bateau sans se préoccuper de son état, Total a pris un risque délibéré.
Me Delplanque plaide finalement la faute inexcusable pour tous les acteurs de la chaîne : propriétaire, gestionnaire, affréteur...

Marinette COLIN

23 mai 2007



Article précédent Article suivant



 

 


Locations of visitors to this page