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  Matières premières : pas assez de bateaux pour convoyer le sucre

    mardi 24 février 2004


Le Soleil (Dakar) - 24 Février 2004

JEAN-PIERRE BORIS (RFI)

Les consommateurs des pays d’Afrique de l’Ouest ne l’ont pas perçu. Mais ceux dont le métier est d’acheminer du sucre vers ces pays font en ce moment face à un véritable casse-tête logistique. Il n’y a tout bonnement quasiment plus de bateaux disponibles pour convoyer les cargaisons de sucre brésilien en particulier.

Toute la flotte commerciale mondiale est en effet occupée à satisfaire la demande chinoise de matières premières. " Pour acheminer du sucre, du Brésil vers l’Afrique, on est obligé de réserver les cargos qui sont en ce moment en train de décharger dans les ports ouest-africains ", dit un trader, peu habitué à ce genre de situation. Et, bien sûr, les prix du fret maritime augmentent. En un an, ils ont doublé. Convoyer une tonne de sucre à travers l’Atlantique, du Brésil vers l’Afrique, coûte en ce moment environ 80 dollars, alors que le prix de la tonne de sucre est de 170 dollars.

Bien évidemment, les traders claironnent à qui veut les entendre que les prix du sucre en Afrique vont exploser. C’est leur intérêt. Pourtant, pour l’instant, rien ne se passe. D’abord parce que l’effet dollar joue à plein. Pour les consommateurs africains, la baisse de la monnaie américaine par rapport à l’Euro et au Franc CFA atténue énormément l’impact de la hausse du fret maritime. Ensuite, les Brésiliens sont aux prises avec une énorme production de sucre. Il faut absolument qu’elle sorte, qu’elle soit exportée. Pour vendre malgré la hausse du prix du transport, ils sont obligés de baisser leurs prix. Le manque de navires sera peut-être un jour un problème pour les consommateurs africains de sucre. Mais, pour l’instant, ce sont les producteurs brésiliens qui en supportent le poids.

LE CUIVRE AU PLUS HAUT

On n’avait pas vu cela depuis près de dix ans. A Londres, la tonne de cuivre vaut presque 3 000 dollars. C’est 80% de plus en un an. 25% de plus depuis le début de l’année. " L’appétit des spéculateurs est insatiable ", commente l’analyste Robin Bahr de la Standard Bank. La hausse appelant la hausse, le mouvement actuel semble incontrôlable. Il est, en effet, fondé sur quelques réalités. La production de métal rouge est insuffisante cette année pour répondre à la demande, en particulier en Asie. Les stocks de cuivre qui servent d’indicateurs plus ou moins fidèles du niveau de la demande ne cessent de fondre. Ajoutez à cela la baisse du dollar qui incite les investisseurs à se débarrasser de leurs billets verts pour acheter du solide. Et les métaux, en ce moment, c’est du solide. Les principaux producteurs mondiaux, les Chiliens en savent quelque chose. " C’est le jackpot ", dit un représentant de la compagnie nationale Codelco. Au prix actuel du cuivre, l’entreprise devrait engranger deux milliards de dollars de plus cette année.

Et puis, en bref, en Chine, la production d’acier continue à s’envoler. 19 millions de tonnes en janvier dernier, 25% de plus qu’au mois de janvier 2003, selon les chiffres de l’Institut international de l’acier.

Publié sur le web le 24 Février 2004

Voir en ligne : allafrica.com