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Coordination marée noire
imprimé le Jeudi 1er Octobre 2020       




   Une commission pour la protection de la haute mer, le dernier Far West

info Coordination marée noire
lundi 11 février 2013
extraits
public

Mettre fin à la zone de non-droit qui favorise surpêche et catastrophes écologiques en haute-mer. C’est l’ambition d’un groupe international de haut niveau créé lundi 11 février à Londres et censé remettre ses recommandations aux Nations unies d’ici à 2014, avant le début des discussions à l’ONU sur la protection de la biodiversité des océans. Cette Commission mondiale des océans, composée d’anciens ministres et chefs d’Etat, doit commencer cette semaine des travaux visant à encadrer l’activité humaine dans les océans au-delà de la zone économique exclusive, qui s’étend jusqu’à 200 milles des côtes de chaque pays.

La protection de la haute mer avait été l’un des grands échecs du Sommet de la Terre de Rio+20, en juin 2012. Au dernier moment, la communaté internationale avait fait disparaître de la déclaration finale le chapitre prévoyant de donner un statut spécifique à ce grand large. Dans ce paragraphe, les Etats s’engageaient à lancer "aussitôt que possible" un processus assurant "la protection et l’usage durable de la biodiversité marine au-delà des zones se trouvant sous juridiction nationale". Des pays comme les Etats-Unis, le Canada, le Japon ou la Russie s’y étaient finalement opposé, provoquant l’abandon de ce projet de gouvernance de la haute mer et la fureur des ONG et des scientifiques.

La haute mer, qui représente la moitié de la surface du globe, subit pourtant "un pillage à grande échelle", estime David Miliband. L’ancien ministre britannique des affaires étrangères coprésidera la Commission mondiale des océans, aux côtés de l’ancien président du Costa-Rica, José Maria Figueres, et d’un ancien ministre des finances d’Afrique du Sud, Trevor Manuel. "C’est l’équivalent écologique de la crise financière, a déclaré David Miliband dans le journal The Observer. Les coûts à long terme de cette mauvaise gestion de nos océans sont au moins aussi élevés que les coûts à long terme de la mauvaise gestion du système financier."

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Le groupe de haut niveau mis en place cette semaine aura un an pour proposer à l’Assemblée générale des Nations unies une ligne de conduite et un calendrier d’adoption de mesures de contrôle de l’activité en haute mer. "Nous allons essayer d’imaginer des solutions pratiques qui soient un gain environnemental et un gain économique", précise David Miliband.

D’ici là, le dossier pourrait progresser dans d’autres instances. Au sein de la Convention sur la diversité biologique, dont la dernière réunion, en octobre 2012, à Hyderabad, a évoqué la création d’aires marines protégées de haute mer dans 56 zones d’"importance écologique ou biologique". Et une partie de la haute mer pourrait entre-temps tomber sous des juridictions nationales au gré des demandes d’extension du plateau continental : pour la France, les demandes transmises aux Nations unies dans le cadre du programme Extraplac représentent plus d’un million de kilomètres carrés de richesses marines supplémentaires.




    Mots-clés :    droit , meta-économie , ONU  .