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Coordination marée noire
imprimé le Jeudi 9 Juillet 2020       




   Corse. Nappe d’hydrocarbures : des coupables mais pas de victime

info Coordination marée noire
samedi 7 septembre 2013
extraits
public

La fameuse nappe d’hydrocarbures qui menaçait la Corse en début de semaine a finalement évité l’île. Mais le problème des déballastages sauvages reste entier. La technologie commence à venir au secours de l’environnement. Pas de nappe à signaler, indique la Préfecture, mais des traces d’hydrocarbures dues aux rejets d’un navire vandale. Une pratique très courante difficile à faire condamner par un tribunal.

Une « nappe » d’hydrocarbures menaçait alors la Corse et notamment la réserve naturelle de Scandola, classée patrimoine naturel de l’Unesco. C’est, à en croire plusieurs articles récents guidés par une dépêche AFP (voir l’Express ou France 3) le prélude à une pollution d’envergure. Selon ceux-ci, la « nappe » serait longue de 43 km et large d’un kilomètre. Sauf qu’ « on n’en est pas là, tempère la préfecture maritime de Méditerranée. On a détecté quelques irisations dans un secteur long de 43 km et large d’un km, ce n’est pas la longueur de la nappe ! Ce sont des traces non continues repérées par un survol de la zone et qui pourraient correspondre au déballastage d’un navire comme on en voit quotidiennement en Méditerranée. »

La preuve, assure encore la préfecture, le Jason, bâtiment de soutien et d’assistance à la dépollution envoyé sur les lieux n’ « a pu que constater de petites traces d’hydrocarbures légers. Ils étaient si dilués que les prélèvements ont été quasi impossibles », poursuit la préfecture. Ce mardi, les autorités entendaient envoyer un avion survoler la zone mais assurait qu’il était probable qu’il y ait « très peu de traces restantes. » La préfecture précise par ailleurs que le courant a finalement éloigné les hydrocarbures des côtes.

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Des crimes souvent impunis

Que risquent les navires coupables de ces pollutions volontaires ? « Des amendes de dizaines voire de centaines de milliers d’euros », souligne encore la Préfecture. Ainsi en juin dernier, la Cour de cassation a confirmé la condamnation de l’armateur et du capitaine du Valentia à 800.000 euros pour rejet volontaire illicite d’hydrocarbures. Mais les procès sont rares.

« Il nous faut du flagrant délit, une photo aérienne du sillage du navire avec la nappe collée au bâtiment pour faire office de preuve », souligne la préfecture. Aussi les navires opèrent-ils souvent de nuit pour rendre la prise de vue moins aisée. Mais les techniques s’améliorent et les satellites sont appelés à la rescousse. En 2012, l’équipage du navire Carthage a pu être condamnée pour un rejet de nuit : « C’était la première fois que le repérage de nuit par satellite était reconnu comme preuve. C’était une grande année pour nous », souligne Emilie Chavaroche, chargée de communication pour l’association Surfrider Foundation, qui s’était portée portée civile dans le procès.




    Mots-clés :    BASD Jason , Carthage , Valentia , déballastage, rejet illicite  .