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Coordination marée noire
imprimé le Mercredi 8 Juillet 2020       



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info Coordination marée noire mercredi 25 avril 2007

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Le tribunal correctionnel de Paris s’est demandé mercredi comment chiffrer les dommages écologiques causés par le naufrage de l’Erika, un calcul complexe l’amenant à se pencher sur la "nationalité" des espèces migratrices ou les nuisances aux ramasseurs de coquillages.

Par delà les indemnisations des pêcheurs et des professionnels du tourisme pour leur manque à gagner, ou le remboursement des sommes investies pour lutter contre la marée noire, les régions touchées revendiquent un "préjudice écologique".

Cette notion, qui englobe à la fois les atteintes à un "patrimoine naturel", mais aussi la détérioration des rapports entre l’homme et la nature, reste difficile à quantifier.

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François Bonnieux, chercheur à l’INRA et auteur d’un rapport sur "L’évaluation économique du préjudice écologique causé par le naufrage de l’Erika", est beaucoup plus précis et avance le chiffre global de 371,5 millions d’euros (valeur 2005).

Pour son étude commanditée par les régions, il s’est livré à de savants calculs prenant à la fois en compte les atteintes à la biodiversité et les pertes de jouissance des habitants.

Pour donner une valeur à un patrimoine naturel qui, par définition, ne fait l’objet d’aucune transaction, ce directeur de recherche a employé une méthode déjà utilisée aux Etats-Unis après le naufrage de l’Exxon Valdez en Alaska en 1989 : demander à un échantillon de riverains combien ils seraient prêts à payer pour éviter qu’une telle catastrophe se reproduise, puis extrapoler au nombre d’habitants de la côte.

Pour la perte de jouissance, le chercheur s’est essentiellement basé sur les désagréments subis par "les pêcheurs à pied", autrement dit les ramasseurs de coquillages et crustacés sur les plages, principal loisir en ces temps froids durant lesquels la marée noire a souillé les côtes.

A l’issue d’entretiens avec 500 "pêcheurs à pied", l’expert a distingué ceux qui avaient renoncé à leur loisir, ceux qui l’avaient remplacé par une autre activité, ceux qui avaient dû changer de sites... attribuant un coût à ces désagréments.

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Erika : comment mettre un prix sur le "préjudice écologique" ?

PARIS - Le tribunal correctionnel de Paris s’est demandé mercredi comment chiffrer les dommages écologiques causés par le naufrage de l’Erika, un calcul complexe l’amenant à se pencher sur la "nationalité" des espèces migratrices ou les nuisances aux ramasseurs de coquillages.

Par delà les indemnisations des pêcheurs et des professionnels du tourisme pour leur manque à gagner, ou le remboursement des sommes investies pour lutter contre la marée noire, les régions touchées revendiquent un "préjudice écologique".

Cette notion, qui englobe à la fois les atteintes à un "patrimoine naturel", mais aussi la détérioration des rapports entre l’homme et la nature, reste difficile à quantifier.

"Comment l’évaluer ?", s’interroge le président Jean-Baptiste Parlos. "Toute la difficulté est là", répond Jean-Pierre Beurier, professeur de droit maritime.

Pour autant, dit-il, la justice reconnaît au moins "le remboursement des frais engagés pour remettre en état la nature". Lors de la réalisation du TGV Atlantique, dit-il, France Rail a été contraint de construire des mares en nombre équivalent à celles qui avaient été détruites, pour assurer la reproduction des batraciens.

Après le naufrage de l’Amoco Cadiz en 1978, l’achat de couples de macareux moines en Ecosse pour repeupler les côtes françaises a été remboursé.

"Mais peut-on dire que les oiseaux et les poissons migrateurs font partie du patrimoine national ?", s’insurge un défenseur du Rina, la société de classification italienne de l’Erika.

"On ne peut pas mettre un drapeau sur la queue de chaque poisson !, répond l’expert. Prenons les guillemots, qui ont payé un lourd tribut, tous ceux morts dans les eaux françaises appartenaient au patrimoine français".

François Bonnieux, chercheur à l’INRA et auteur d’un rapport sur "L’évaluation économique du préjudice écologique causé par le naufrage de l’Erika", est beaucoup plus précis et avance le chiffre global de 371,5 millions d’euros (valeur 2005).

Pour son étude commanditée par les régions, il s’est livré à de savants calculs prenant à la fois en compte les atteintes à la biodiversité et les pertes de jouissance des habitants.

Pour donner une valeur à un patrimoine naturel qui, par définition, ne fait l’objet d’aucune transaction, ce directeur de recherche a employé une méthode déjà utilisée aux Etats-Unis après le naufrage de l’Exxon Valdez en Alaska en 1989 : demander à un échantillon de riverains combien ils seraient prêts à payer pour éviter qu’une telle catastrophe se reproduise, puis extrapoler au nombre d’habitants de la côte.

Pour la perte de jouissance, le chercheur s’est essentiellement basé sur les désagréments subis par "les pêcheurs à pied", autrement dit les ramasseurs de coquillages et crustacés sur les plages, principal loisir en ces temps froids durant lesquels la marée noire a souillé les côtes.

A l’issue d’entretiens avec 500 "pêcheurs à pied", l’expert a distingué ceux qui avaient renoncé à leur loisir, ceux qui l’avaient remplacé par une autre activité, ceux qui avaient dû changer de sites... attribuant un coût à ces désagréments.

Et encore, dit le chercheur à la barre, la somme finale représente "une valeur relativement conservatrice", notamment parce que l’étude part du principe que le préjudice n’a duré que jusqu’en 2001, et aussi parce qu’elle n’a pas pris en compte les nuisances liées à d’autres loisirs comme la baignade ou les sports de voile.

(©AFP / 25 avril 2007 19h07)



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