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  Marins Contre la Mondialisation

    jeudi 18 décembre 2003


communiqué de "Marins Contre la Mondialisation".

Cette association apolitique et regroupant des officiers de sensibilités syndicales variées a pour seul but d’explorer toutes les voies légales pour mettre en échec le Registre International Français (R.I.F), considérant que ce texte n’est en aucune manière la solution aux problèmes posés par les pavillons de complaisance.

Sa devise est : " NOTRE SAVOIR-FAIRE EST GRAND, NOTRE COLERE AUSSI"

Communiqué :

Je suis un officier français de marine marchande.

Je ne suis pas un paria, je ne suis pas un criminel, je ne suis pas un pollueur.

J’ai eu mon baccalauréat et j’ai fait 5 années d’études supérieures dans une école nationale, héritière de plusieurs centaines d’années de savoir-faire maritime.

Je suis respecté dans mon village ou ma ville, je suis parfois même un notable du lieu, on tient généralement compte de mes avis.

En plus de mes études, j’ai eu la chance de bénéficier de la meilleure formation qui soit : l’apprentissage de mon métier avec des anciens d’un grand professionalisme qui m’ont transmis 3 choses essentielles : Le respect de l’environnement, le dévouement à mon navire et l’amour du travail bien fait.

Je coûte plus cher qu’un officier Philippin, plus cher qu’un officier Birman, plus cher qu’un officier Croate ou Bulgare. Oui, c’est vrai. Et alors ?

C’est tout simplement, comme le dit la publicité, PARCE QUE JE LE VAUX BIEN !

N’importe qui peut conduire un navire et faire gagner de l’argent à son armateur : Cela a été prouvé mille fois par l’expérience des années passées.

Par contre, rares sont ceux qui savent conduire un navire et faire gagner de l’argent à son armateur DANS LE RESPECT TOTAL DE L’ENVIRONNEMENT ET DE LA SECURITE DES BIENS ET DES PERSONNES.

Cela, je sais le faire tout simplement parce que JE SUIS UN PROFESSIONNEL, et parce que cet aspect du métier a fait partie intégrante de ma formation.

Je respecte la mer parce qu’elle me fait vivre, et je respecte les côtes parce que j’y habite avec mes enfants. Car, voyez-vous, les marins aussi ont des enfants.

Je ne suis ni raciste ni xénophobe, je respecte tous les êtres humains avec leurs qualités et leurs défauts. Ainsi, je respecte les marins qui naviguent sous des pavillons de complaisance : Ils n’ont guère le choix, s’ils veulent nourrir leur famille. Je les respecte en tant qu’êtres humains, mais ce ne sont pas des professionnels : Ils ont montré leurs limites face à une situation grave ou inattendue.

Ce que je sais, ce dont je suis absolument certain, c’est que ces marins sont issus de pays QUI NE PRATIQUENT PAS LE RESPECT DE L’ENVIRONNEMENT. Ce que je sais, c’est que ces marins N’HABITENT PAS les côtes qu’ils longent lorsqu’ils naviguent au large de l’Europe.

Mon gouvernement, excédé à juste titre par les abus liés aux pavillons de complaisance, excédé par ces catastrophes à répétition, a décidé d’oeuvrer pour un assainissement de la situation en créant le Registre International Français (R.I.F)

Le seul problème, mais il est de taille, est que cette intention (fort louable au demeurant) a été visiblement DETOURNEE DE SON BUT PREMIER : Le raisonnement tendant à faire croire qu’on assainira la situation en transformant les marins français en marins philippins (c’est à dire en généralisant le sous-paiement) semble pour le moins curieux.

Je ne suis pas philippin et nul n’a intérêt à ce que je le devienne.

Un Officier de Marine Marchande

Voir en ligne : le site de l’association (fermé)